Qui ne s'est pas déjà retrouvé devant le cas dramatique où on ne trouve AUCUN bouton qui convienne pour terminer un vêtement, un tricot ou une page de scrap, je vous le demande (oui, je sais, j'ai de graves problèmes existentiels, mouaa) ??

Ca m'est arrivé l'autre jour pour une tunique que je suis en train de coudre pour Maxipoulette (si j'arrive à la finir un jour, je vous montrerai, mais c'est pas de ma faute si décembre et ses nombreuses occupations sont déjà là...). J'ai cherché, cherché dans mon stock, pas un seul modèle de bouton convenable.

Comme je suis de nature créative j'avais la flemme de courir chez la mercière pour trois boutons , j'ai décidé que j'allais les fabriquer. Je me suis inspirée de quelques idées bien expliquées ici et ici et je me suis lancée. Et comme c'est vous, je vous explique en images comment j'ai fait !

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Au départ, il faut... du plastique dingue ! (bah oui, en même temps, en lisant le titre du billet, on pouvait s'en douter !)

Le plastique dingue est un matériau un peu spécial. Il se présente sous forme de feuilles fines, avec une face lisse et une face rugueuse, qu'on peut facilement découper et sur laquelle on peut dessiner. Quand on le passe au four, il se rétracte pour devenir plus épais, plus solide et plus petit. A partir du plastique dingue, on peut imaginer une multitude d'utilisations.

 

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Pour les boutons, il faut aussi un gabarit de forme (ronde ou autre), un crayon et des ciseaux pour découper la forme du bouton. Pour faire plus simple, on peut aussi utiliser une grande perforatrice pour cette étape. Il faut aussi une petite perforatrice ronde classique (pour perforer les feuilles de classeur) pour faire les trous et enfin de quoi habiller le bouton de motifs. On peut utiliser des feutres permanents, des encres et des tampons, ou encore des crayons de couleur. Paraît même qu'on peut passer la feuille de plastique dingue dans une imprimante à jet d'encre.

 

Créer la forme du bouton

On commence par dessiner la forme du bouton au crayon sur la face rugueuse de la feuille de plastique dingue. On peut utiliser toutes sortes de patrons. Ici, j'ai utilisé une grande fleur en bois que j'avais dans mon stock d'embellissements et le couvercle de ma boîte de scotch double-face. Ensuite on découpe soigneusement et sans accrocs la forme dessinée avec des ciseaux de précision.

 

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Pour positionner les trous du bouton (et surtout qu'ils soient au même endroit d'un bouton à l'autre), on réalise la même étape sur une feuille de papier blanc. On plie en deux la forme découpée et on la perfore au bon endroit avec une perforatrice de bureau (ou un emporte-pièce). En dépliant la forme en papier, on obtient un gabarit avec deux trous parfaitement symétriques, qu'on utilise pour tracer les trous sur la forme en plastique dingue.

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Ensuite, on découpe les trous dans le plastique dingue avec la même perforatrice, en s'aidant du dessin pour la positionner au bon endroit. 

 

La déco !

Il s'agit ensuite de customiser ses boutons. Pour ça, j'ai utilisé un tampon à petites fleurs et deux encreurs. Le premier, rose très pâle, m'a servi pour colorer le fond des boutons. Pour cela, j'ai simplement frotté doucement l'encreur sur toute la surface du bouton. La couleur ne se voit presque pas, mais il faut savoir que les couleurs se concentrent à la cuisson et ont tendance à foncer. Il faut donc avoir la main légère.

 

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J'ai encré mon tampon avec le second encreur de couleur aubergine et je l'ai utilisé pour reproduire le motif fleuri sur mes boutons. Une fois mes boutons décorés, je les ai placés sur une plaque de four recouverte de papier sulfurisé. Il faut veiller à bien les séparer pour ne pas qu'ils se collent lors de la cuisson.

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Et maintenant, hop ! au four !

C'est l'étape la plus rigolote. Nul doute qu'elle plaira aux enfants !

On place la plaque dans son four préchauffé à 180 °C et on s'installe pour profiter du spectacle !

 

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Très rapidement, les formes en plastique dingue vont se tordre dans tous les sens, se gondoler, et rétrécir. Le tout en une à deux minutes seulement. A la fin, les formes redeviennent plates, c'est le signal que la cuisson est terminée et qu'on peut sortir les boutons du four.

Dès la sortie du four, on les applatit entre deux feuilles de papier sulfurisé avec un gros livre (notez mon sens de la culture à tout instant ahemmm...), jusqu'à total refroidissement (quelques minutes).

 

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 Et voilà, c'est prêt !

Les boutons sont prêts à être utilisés ! La réduction a bien eu lieu, si on en juge par la taille et l'épaisseur finale des boutons. Je vous ai mis le gabarit initial pour vous convaincre. On remarque aussi que les couleurs ont bien foncé.

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La notice indique que le plastique dingue réduit de 7 fois sa taille initiale. Je ne sais pas comment ils calculent car chez moi, la réduction s'est faite d'un facteur 2,5 environ. Je suis partie de gabarit de 4,6 cm de large et mes boutons mesuraient au final 1,8 cm de large. Il paraît que le facteur de réduction varie selon les marques. On a donc intérêt à verifier sur un petit morceau de son plastique dingue avant de se lancer dans la fabrication en série !

 

Ma conclusion...

Franchement, je n'ai plus 6 ans depuis longtemps mais ce plastique dingue, ça m'a vraiment éclatée, et quelque chose me dit qu'il ne va pas se passer longtemps avant que je le réutilise...

 

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Et vous, vous connaissiez ? Vous en faites quoi du plastique dingue ?