120630_LecturesJuin

 

La Valse lente des tortues, de Katherine Pancol :

Deuxième opus de la saga de Katherine Pancol. On retrouve avec plaisir les personnages du premier tome et on est impatient de savoir ce qu'ils deviennent comme s'ils étaient de vieux amis ! Mais je dois dire qu'après l'enthousiasme du premier tome, j'ai été un peu moins emballée par ce second. En effet, l'auteure met presque 80 pages à nous résumer le parcours de chaque personnage, ce qui alourdit singulièrement le récit. Certes, je comprends bien que c'est à destination des lecteurs qui attaqueraient directement par le tome 2, mais pour ceux qui comme moi ont dévoré le premier tome, c'est inutile et ennuyeux. Pour la suite de l'histoire, j'ai fini par me prendre au jeu quand même. Pancol tente ici le style roman policier. C'est sympa, ça change mais l'histoire n'avance pas tellement au final et je n'ai pas retrouvé la fraîcheur que j'avais aimé dans le premier tome. Certains personnages deviennent même un peu caricaturaux et ça paraît parfois un peu gros. Mais trêve de critiques, le numéro trois suivra quand même ;-).

 

On va où Papa ?, de Jean-Louis Fournier :

J'ai dévoré ce livre en une soirée ! Une page pour voir, puis deux, puis trois..., ce récit m'a littéralement happée. Jean-Louis Fournier nous livre ici l'analyse sans complaisance de son expérience de père - qu'il juge ratée - avec ses deux fils lourdement handicapés. Mais comment réussir à être un père comblé, un père aimant, lorsqu'on se retrouve confronté au handicap de son premier fils, puis du deuxième ; lorsqu'on a des enfants si éloignés de ce qu'on avait rêvé ? Comment ne pas se sentir tour à tour responsable, culpabilisé ou poursuivi par le sort ? Un récit dur mais bouleversant, une écriture acide, souvent cynique, mais tellement juste, un livre coup de poing, un livre magnifique qui nous renvoit à notre propre attitude face au handicap, face à nos propres limites en tant que parent. A lire absolument !

 

Seul le silence, de R.J. Ellory

Voilà un roman étrange ! Ni totalement roman policier, ni totalement saga familiale, ni vraiment récit initiative. Un peu de tout ça, rien de vraiment affirmé. L'histoire raconte la vie de Joseph Vaughan qui n'a que douze ans lorsqu'il découvre dans son village de Georgie le corps en morceaux d'une fillette assassinée. Ca sera le début d'une longue série de meutres affreux. Profondément marqué par ces meutres, et comme poursuivi par le malheur, il migrera vers New York pour refaire sa vie et devenir écrivain. Mais alors que l'affaire semble résolue, les meurtres reprennent de nouveau. Joseph réalise alors qu'il n'a d'autre solution pour se dégager de ce fardeau qu'il traîne depuis son enfance que de chercher à les élucider lui-même et à trouver et punir le coupable.

Le rythme est très lent, l'intrigue policière ne semble être qu'un prétexe à l'histoire, on n'a d'ailleurs qu'un maigre dénouement assez décevant à la toute dernière page, mais à vrai dire on ne l'attendait pas plus que ça. Alors que reste-t-il à ce roman ? Le parcours de vie du jeune garçon sur lequel le sort semble s'acharner n'est pas très crédible, et j'ai eu du mal à adhérer à son obsession pour les crimes qu'il a vécu enfant. L'ambiance extrêmement noire du livre est plutôt bien rendue mais assez déprimante, et la narration est assez plaisante. Mais j'ai mis beaucoup de temps à terminer ce livre, preuve qu'il ne m'a pas vraiment accrochée ni emballée. Je n'en garde pas un souvenir très enthousiaste et j'ai été contente de quitter cette histoire qui s'enlise un peu et joue un peu trop sur la répétition.

 

Corps et âme, de Franck Conroy

J'ai pris beaucoup de plaisir à suivre le cheminement du héros de ce roman, Claude Rawlings, dans la musique jusqu'à son plus haut niveau. Au début du roman, il n'est qu'un enfant malingre et timide, socialement défavorisé, délaissé par sa mère, et qui s'ennuit au fond d'un appartement sordide en plein coeur du New York des années 40. Il ne semble pas très gâté par la vie. Et pourtant !... Au fond d'un placard, il va découvrir un objet qui va changer sa vie : un petit piano électrique. Par lui-même, l'enfant découvre les sons, apprivoise les touches, apprend à jouer les notes, ressent au plus profond de son être l'émotion musicale. Il révèle un véritable don pour le piano et la musique. Il sera musicien, pianiste virtuose, compositeur de talent, et fréquentera les plus grands, mais saura toujours rester le garçon humble et d'origine modeste qu'il a toujours été.

Ce livre est écrit comme une fresque, pleine de personnages hauts en couleurs, de rebondissements. On s'attache très vite à ses personnages, à l'atmosphère aussi qui se dégage de l'écriture fluide et agréable de Franck Conroy. Pour la musicienne que je suis, ce livre est également un vrai puits de connaissances musicales de très haut vol et de ce fait très intéressant à lire. On suit l'éclosion d'un talent, mais surtout on ressent, on entend presque, la musique comme si on y était. Au delà de la technique, du travail et de la virtuosité, c'est avant tout l'essence émotionnelle de la musique qui filtre à travers chacune des pages de ce roman. Les connaissances musicales de l'auteur sont à l'évidence très solides, et j'ai appris beaucoup de choses ! Et comme j'aime aussi les belles histoires, je me suis doublement régalée !