Une petite semaine sans les enfants pendant laquelle j'ai remonté un peu mon niveau "culture". J'ai découvert deux petites perles et j'avais envie de vous en faire profiter !

La première au cinéma : La couleur des sentiments, de Tate Taylor

L'histoire :

Dans l'amérique dans les années 60, en plein coeur du Mississipi, l'inégalité noirs / blancs fait partie de l'habitude quotidienne. Chaque famille emploie des nounous noires pour élever leurs enfants, pour nettoyer, préparer la cuisine, et tenir la maison. Malgré l'implication essentielle de ces femmes noires dans la vie familiale, les jeunes mères de famille blanches "bien comme il faut" ne ratent jamais une occasion de les rabaisser et de marquer leurs distances. Le paroxysme semble atteint le jour où le comité des dames blanches décident d'interdire l'accès de leurs toilettes aux bonnes noires.

Pourtant, une jeune femme blanche se rebelle contre ce système raciste et étouffant et décide de faire éclater les conventions sociales de l'époque et les discriminations. Elle se lance dans l'écriture d'un livre anonyme qui décrit et dénonce la vie de ces bonnes noires parmi les familles blanches, vue du point de vue des femmes noires. Pour cela, elle devra convaincre des bonnes noires de l'aider... Mais le risque est grand d'être découvertes, et le prix à payer serait exorbitant...

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé le thème du film et aussi la façon dont il est réalisé. C'est plein de sensibilité, et j'ai eu l'impression de vraiment m'immerger dans l'Amérique des années 60. Droits des noirs, position oprressante de la femme dans la société, racisme ordinaire tellement choquant. Et malgré le thème assez grave du film, on passe un très bon moment, avec de belles images, des moments légers et drôles, et l'histoire est menée avec pein de suspense. Le seul défaut qu'on pourrait peut-être faire, c'est que les personnages sont parfois un peu trop caricaturaux, mais après tout, c'était peut-être vraiment comme ça ! En tout cas, j'ai versé ma petite larme, j'ai été touchée, sur plein de plans. Celui du statut de ces femmes noires, bien sûr, esclaves de maison, mais aussi sur le plan de l'éducation des enfants, et de la position de la femme blanche à cette époque, emprisonnée qu'elle soit d'accord ou non, dans le conformisme de l'époque. Bref, je n'ai pas vu passer les 2h30 et je vous recommande vivement !

 

La seconde perle est à lire, je devrais plutôt dire à dévorer !

L'ombre du vent, de Carlos Ruiz Zafon


 

L'histoire :

Dans la Barcelone de l'après-guerre civile, marquée par la défaite, la vie difficile, les haines qui rôdent toujours. Par un matin brumeux de 1945, un homme emmène son petit garçon dans un lieu mystérieux : le Cimetière des Livres Oubliés. L'enfant est ainsi convié par son père, modeste boutiquier de livres d'occasion, à un étrange rituel qui se transmet de génération en génération : il doit y " adopter " un volume parmi des centaines de milliers. Là, il rencontre le livre qui va changer le cours de sa vie, le marquer à jamais et l'entraîner dans un labyrinthe d'aventures et de secrets " enterrés dans l'âme de la ville " : L'Ombre du vent.

Mon avis :

Je dis un grand merci à CourtesPattes qui m'a conseillé la lecture de ce roman. C'est bien simple, j'ai dévoré les 524 pages en moins d'une semaine (bon c'est vrai que j'ai passé pas mal de temps au fond de mon lit ces derniers temps...). C'est un roman vraiment palpitant, qui va de rebondissement en rebondissement et où les intrigues se mélangent et s'emboîtent. J'ai vraiment beaucoup aimé l'écriture, parfois burlesque, et aussi le cadre de la guerre civile espagnole, qui teinte l'histoire. On est surpris jusqu'à la fin, comme dans les bons polars, mais avec la finesse de la plume en plus et un vrai univers dans lequel on se plonge. On s'attache aux personnages et on est tour à tour attendri, ému, apeuré, enthousiasmé par le parcours du héros dont on suit l'histoire sur une quinzaine d'années. A lire, vraiment !